La deuxième valise de gros galets...
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Dans la jungles des compilations garage, les premières appellations étaient, comment dire... minérales. Tout d'abord vint, en 1972, Nuggets (pépites), puis, en 1978, Pebbles (galets), et puis, au début des années 80, Boulders (GROS galets). Ya Gotta Have Moxie regroupe sur 4 cds, le meilleur des onze volumes des Boulders sortis sur le célèbre label Moxie. Plusieurs titres ont subi un bon nettoyage et à l'écoute, c'est indéniable, c'est dans les gros galets qu'on fait les plus belles pépites!
Né en 1964, à New-York, The Fugs est sans aucun doute le groupe le plus subversif de son époque. Ses deux têtes pensantes, Ed Sanders, qui tient une librairie, Peace Eye, et est responsable du magazine 'Fuck You', et Tuli Kupferberg, sont deux activistes politiques, libres penseurs, fervents défenseurs des droits civiques, qui décident de créer les Fugs pour véhiculer leur discours. La librairie de Sanders devient rapidement le lieu de rencontre de nombreux artistes de la contre-culture et, dans ce contexte, le groupe commence à se dessiner sérieusement. Dès le premier album, enregistré en 1965, et publié sur le célèbre label d'avant garde ESP, le ton est donné: provocateur, acerbe, fustigant l'amérique pudibonde et bien-pensante, pronant la liberté sexuelle et la légalisation des drogues douces, politiquement TRÈS incorrect. Les concerts qu'ils donnent sont également à cette image, avec un sens du spectacle bien particulier. Ils se retrouveront rapidement mis au ban de nombreuses stations de radio et de clubs, fichés par la CIA et le FBI. Paradoxalement, malgré ces obstacles, ce deuxième album, mieux abouti et encore plus provocateur, remportera un certain succès, peut-être en raison de la participation d'Allen Ginsberg sur plusieurs titres.
A partir du 28 mai 1981, les Clash se retrouvent en résidence au Bonds International Casino de New-York pour une semaine. Les tickets se vendent comme des petits pains et les Clash, qui tiennent absolument à honorer tous les acheteurs, vont s'y produire à dix-sept reprises, dont deux fois en après-midi. Fantastique revirement du public américain, lorsque l'on sait que, sur la photo qui orne la pochette du London Calling, on voit Paul Simonon casser sa basse, excédé par l'apathie du public lors de leur première tournée US en 1979.
Le révérend Fred Lane est l'alter ego musicien du sculpteur dada Tim Reed, dont vous pouvez découvrir les oeuvres ici. Sorte de fils naturel de Dean Martin et du Captain Beefheart, Fred Lane apparait pour la première fois en 1975, accompagné par le big band trash Ron 'Pate's Debonairs, sur l'album Raudelunas Pataphysical Revue, témoignage musical de la seconde exposition tenue par Raudelunas, collectif d'artistes installé à Tuscaloosa, Alabama, dont les manifestations sont influencées par les théories pataphysiciennes d'Alfred Jarry. Il sortira ensuite deux albums, From The One That Cut You et Car Radio Jérôme, en 1983 (réédités sur un CD en 1993), sans Ron Pates, mais avec des membres des Debonairs. Un quatrième album, Icepick To The Moon, était prévu pour 1989 mais ne verra jamais le jour.
Les Outsiders furent, avec les Q65, le fer de lance du 60's Beat hollandais, également appelé Nederbeat, qui voulait rivaliser avec son homonyme anglais, représenté par les Pretty Things, Small Faces ou les Kinks. A l'instar de leur compatriotes, ils connaitront un fort succès dans leur pays d'origine mais ne parviendront pas à percer hors de ses frontières. Conservateurs, les anglais ? on pourrait bien le penser à se demander pourquoi diable ils ont boudé ces géniaux Outsiders. Composé de Vladimir 'Wally' Tax, Ronald Splinter, Appie Rammers et Leendert "Buzz" Busch, les Outsiders ont enregistré plus de cinquante morceaux parmi lesquels, chose rare à cette époque, ne figurent aucune reprise.
Albert Kuvezin se prendrait-il pour le Comelade sibérien ? Sur ce bien nommé Re-Covers sorti en 2005, les étonnants Yat-Kha (prononcer Yat-ha) revisitent à leur manière Led Zeppelin, Kraftwerk, Hank Williams, Iron Butterfly, Joy Division, Vladimir Visotskyi, Motorhead, Paul Mauriat, Santana, Bob Marley, les Stones...
Soyons clairs, si ces Motor City kids n'avaient jamais touché un instrument, le mouvement punk n'aurait peut-être pas vu le jour. Ces gars-là ont développé une telle idée du rock qu'elle marquera l'histoire de la musique. Rien à foutre de ce qu'on peut penser, on a quelque chose à dire, et on le dit... fort! '66 Breakout est une compilation d'enregistrements démos et live datant de 65-66, du pré-MC5, en quelque sorte, plus garage, moins politisé, mais tout aussi énergique. La qualité de son n'est pas toujours au rendez-vous mais les esgourdes rock passeront outre.
Premier album des (Social) Deviants de l'anarchiste Mike Farren, Ptooff! sort en 1967, en Angleterre, sur le label Underground Impressaro, en plein flower-power. Les hippies en seront malheureusement pour leur frais, dans ce disque qui alterne et mélange psychédélique, folk ou rock, nul question de paix, d'amour, de fleurs et de petits zoziaux. On parle ici de flingues, de sang sur les murs, d'ordures ménagères, de clodos. Le ton est noir, déjanté, Dada n'est pas bien loin, Hubert Selby Jr. non plus.
Après Les plus grands succès du piano par Georges Jouvin et sa trompette d'or, voici Les plus grands succès du punk seventies par Armitage Shanks. Cet album revisite les classiques punk à la sauce Chatham, offrant même à certains titres une bonne cure de jouvence. Pour l'anecdote, le groupe tire son nom d'une grande entreprise british spécialisée dans les pissotières et pousse l'humour jusqu'à titrer ses albums Takin' The Piss, 25 Golden Showers ou Urinal Heap. Faudrait-il voir là un hommage dissimulé à Marcel Duchamp ?
Bien avant de nombreux groupes américains, les Avengers, originaires de San Francisco, distillent, entre 1977 et 1978, un punk-rock rebelle, fruit d'une révolte adolescente exprimée dans l'urgence au sein d'un pays qui, plus que les autres, tendait à formater la culture musicale de sa jeunesse à coup de billets verts.
'Il faut bien que les sœurs aillent par trois', écrivait Aragon dans un poème tiré du Roman inachevé. Betty, Helen et Dorothy Wiggin sont les Shaggs. C'est un père sûr du talent de ses fifilles adorées qui les pousse vers la musique. Malheureusement, Philosophy of the World, produit par papa Austin Jr et sorti en 1969, ne se vendra qu'à quelques centaines d'exemplaires. Les Shaggs hériterons de la réputation de plus mauvais groupe de rock du monde et c'est, paradoxalement, ce qui en fera un groupe culte. Frank Zappa, Jonathan Richman ou John Cale le cite comme leur disque de chevet, et un article de Lester Bangs le fera entrer au Panthéon des ovnis musicaux. Alors, les sœurs Wiggin forment-elles le plus mauvais groupe de rock du monde ? Si tel est le cas, elles le sont avec un tel naturel, une telle bonne foi, à mille lieues de toute attitude, que cela est suffisamment rare pour être salué. Les années 60 n'étaient définitivement pas préparées à recevoir les Shaggs... Et vous ?
Les Butthole Surfers sont originaires de San Antonio, Texas, où ils se forment en 1981. Les piliers en sont Gibby Haynes Paul Leary et King Coffey, le reste du line-up étant plutôt fluctuant. Les membres de Butthole Surfers explorent toutes les facettes de la musique, y incorporant punk rock, psychédelique, heavy metal, noise, électronique, rock'n'roll, qu'ils retravaillent en manipulant les bandes et en y appliquant effets divers. Tout cela donne une impression de bordel bruitiste où une bande de potes bien défoncés (ce qu'il sont par ailleurs) ont poussé tous les potards à fond, mais il ne faut pas s'y tromper, les Buttholes Surfers sont des musiciens et des techniciens du son, avec, en prime, un penchant avoué pour l'humour noir et un certain sens du second degré. En plus de vingt-cinq ans de carrière et près d'une quinzaine d'albums, et malgré le peu de retombées médiatiques, sauf pour l'album Electriclarryland (1996), dont le titre 'Pepper' sera n°1 au classement des titres rock de l'année 1996, les Buttholes Surfers ont réussi à s'imposer comme un groupe majeur du rock moderne.
Est-ce que les Iguanas se sont appelés ainsi parce Jim Osterberg (aka Iggy Pop) était déjà fasciné par les reptiles, ou est-ce qu'on l'a surnommé l'iguane pour avoir joué dans les Iguanas ? Ce groupe garage-surf'n'roll du Michigan est monté en 1963 par Jim Osterberg (batterie), Jim Mc Laughin (guitare, chant) et Sam Swisher (saxophone) et ils donnent leur premier concert la même année dans une école de danse. Ils recrutent rapidement Nick Kolokhitas et Don Swickerath et donneront un bon nombre de concerts dans les bals lycéens et fêtes diverses. En 1965, ils décrochent une résidence dans un club, pour l'été, où ils accompagnent entre autres, les Kingsmen, Guess Who, Shangri-Las, Four Tops. A la fin de l'année, ils enregistrent quelques titres en studio et sortent sur leur propre label un single, Mona/I Don't Know Why, qui marchera pas mal sur Detroit. Iggy Pop quittera le groupe en 1966 pour rejoindre les Prime Movers. Columbia Records entamera des discussions pour la signature d'un album, mais le projet n'aboutira pas et les Iguanas continueront de se produire dans des clubs jusqu'à leur séparation en 1967.
Ça fait 30 ans que les Cramps font le même disque... mais qui s'en plaindrait?
Comment ne pas succomber au charme de ces childishettes. Si en plus elles reprennent le 'Teenage Kicks' des Undertones ou nous gratifient de leur (impeccable) phrasé français sur 'Ça plane pour moi'... These girls rock !!!
Rendons à César ce qui est à César. Après The Blow-Up du Television post-Richard Hell, voici des démos enregistrées en 1973 par les Neons Boys, à savoir Bill Ficca, Richard Hell et Tom Verlaine. A les écouter, on se rend compte que les deux derniers n'ont pas fait que s'engueuler.
En hommage à Joe Strummer, ce concert donné par Billy Bragg et son vieux complice Wiggy au Mapleaf de Southampton, le 22 février 2003. L'enregistrement capture très bien l'ambiance et ça chante dans la salle sur les classiques de Billy Bragg ou les reprises de 'Pressure Drop', 'White Man in Hammersmith Palais', 'Police & Thieves'...
Epitaph for a Legend est LA compilation du légendaire label américain International Artist qui signa des groupes comme le 13th Floor Elevators, Red Crayola (aka Red Krayola) ou Thursday's Children. Avec, en prime, pour enrichir son tailleur, une discussion avec Lightnin' Hopkins et une interview de Roky Erickson.
Betty Page est décédée jeudi dernier, à l'âge de 85 ans. Gageons qu'à celle qui avait secoué l'Amérique pudibonde et qui, convertie à la foi, s'était rhabillée à la fin des années 50, St Pierre demandera la nature du travail qu'elle effectua ensuite pour l'évangéliste Bill Graham.
Considéré à juste titre comme le meilleur garage-band canadien, les Ugly Ducklings s'appelaient au départ les Strolling Bones, hommage non dissimulé au groupe de Mich' Geyser. Ils se payent même le luxe de s'offrir un sosie de Brian Jones, en la personne de leur guitariste anglais, Glynn Bell. Après quelques concerts dans leur école, ils changent leur nom en Ugly Ducklings (Les vilains petits canards) et décrochent un contrat dans un club de Toronto où ils seront remarqués par le label Yorktown qui signera leur premier single à la fin de l'année 1965. Ils rencontreront un certain succès et joueront en première partie des Stones, au Maple Leaf Gardens, en juin 1966. Mais des différends avec le nouveau producteur imposé par leur maison de disques conduisent à la fin du line-up original et le groupe survivra bon gré mal gré jusqu'à la fin de l'année 1969, avant de se séparer. Ils se reformeront de manière sporadique au cours des années 70 et sortiront un dernier album, Off The Wall, en 1980. Too Much Too Soon compile leurs premiers singles auxquels viennent s'ajouter plusieurs versions inédites.
Theoretical Girls est le groupe éclair de la scène No Wave new-yorkaise, grand absent de la célèbre compilation No New-York. Composé de Jeffrey Lohn (guitare, chant), Margaret Dewyst (claviers), Warthon Thiers (batterie) et Glenn Branca (guitare), il n'enregistrera qu'un seul single dans sa courte existence. Theoretical Girls est, comme plusieurs autres formations de cette scène, la rencontre de musiciens de formation classique ou contemporaine que la découverte du punk va orienter vers une musique abrasive, énergique et résolument rock tout en y intégrant l'influence des compositeurs minimalistes américains.
En avril 1972, les Modern Lovers se rendent à Los Angeles afin de démarrer l'enregistrement des sessions de leur premier album. A l'époque, deux producteurs sont pressentis: Alan Mason, pour A&M, et John Cale, qui décrochera le contrat pour Warner. Kim Fowley, qui s'intéresse également au groupe, leur fera enregistrer celles-ci à Boston mais elles ne seront pas retenues et attendront 1981 pour être publiée par le label Bomp Records.
Formé en 1974, à Cleveland, Rocket From The Tombs est composé de David Thomas et Peter Laughner, futurs Pere Ubu, Cheetah Chrome et John Madansky, futurs Dead Boys et Craig Bell futur Saucer. La courte existence du groupe (moins d'un an) leur permettra quand même de composer de grands titres comme 'Final Solution' ou '30 Seconds over Tokyo' que l'on retrouvera plus tard sur les disques du Pere Ubu. Cette compilation de démos et enregistrements live qui alterne titres originaux et reprises (Velvet, Stooges, MC5, Stones...) est une parfaite preuve de l'énergie high-rock'n'roll des gaillards.
C'est à New-York en 1971 que se forme les Neon Boys, composé de Tom Verlaine, Richard Hell et Billy Ficca. Peu de temps après Richard Lloyd se joint au groupe qui prend le nom de Television et commence à se faire un petit nom au sein de la scène underground new-yorkaise. Ils jouent au CBGB's, se produisent au côté de Patti Smith et Tom Verlaine tiendra la guitare sur son single Hey Joe/Piss Factory. Les prises de tête entre Tom Verlaine et Richard Hell provoquent le départ de ce dernier qui s'en ira fonder les Heartbreakers au côté de Johnny Thunders et c'est Fred 'Sonic' Smith (Monsieur Patti Smith à la ville) qui le remplace. Le premier single, Little Johnny Jewel sort en 1975 et la notoriété du groupe grandit jusqu'à signer avec Elektra Records, en 1976, pour un premier album qui marquera à jamais l'histoire du rock. Loin des clichés punk, mais sans en sacrifier l'énergie, Television ose des titres longs (dix minutes pour 'Marquee Moon', entre quatre et cinq pour les autres) et un jeu qui repousse les limites établies. Lorsque l'album sort, en 1977, les critiques sont unanimes. Le public américain ne les suivra malheureusement pas sur ce terrain, et c'est en Angleterre qu'ils connaitront leur plus grand succès. Le second album Adventure (1978), bien que très bon, n'aura pas le même impact et conduira à leur séparation peu de temps après. Ce Blow-Up, live de la dernière tournée du groupe enregistré en 1978, sorti en 1982 sur le label ROIR et réédité en CD en 1999, fait la part belle à la guitare de Tom Verlaine et à sa science de l'improvisation, particulièrement sur les deux fois quinze minutes de 'Little Johnny Jewel' et 'Marquee Moon'.
The Godz nait à New-York en 1965 et sort ce premier album, Contact High With The Godz, en 1966, sur le label ESP-Disk qui est plutôt orienté free-jazz. On ne peut pas dire que le groupe rencontre un succès fulgurant. En effet, The Godz sont loin d'être les meilleurs musiciens du monde, les efforts de production sont le cadet de leur souci et leurs titres tiennent davantage de cadavres exquis musicaux que de réelles compositions. Il est cependant aujourd'hui évident que The Godz sont les créateurs d'un 'dada-folk' incroyablement déjanté, jubilatoire et atypique qui n'a pas encore trouvé son équivalent. Suivront deux très bons albums, plus électriques que le premier, Godz Two (1968) et The Third Testament (1969), qui, bien qu'enregistré après le départ de Jay Dillon, est considéré par beaucoup comme leur meilleur album, puis un troisième et dernier, d'un intérêt moindre, Godzhunheit (1970)
Ces deux CDs regroupent tous les singles sortis par The Creation entre 1966 et 1968 plus quelques versions inédites ou live. Les premières tentatives musicales de The Creation se font sous le nom de Blue Jacks, en 1963. Entre 1964 et 1966 ils sortiront quatre singles en tant que The Mark Four avant de se rebaptiser The Creation. Eddie Phillips, leur guitariste est le premier à utiliser un archet de violon sur sa guitare, ce qui donne un son particulier et immédiatement reconnaissable à plusieurs de leurs compositions. Les deux titres 'Making Time' et 'Painter Man' réaliseront un score honorable dans les charts anglais. Suivra un album, We Are The Creation, en 1967, avec de très bon titres tel 'Biff Bang Pow' ou une superbe reprise de 'Hey Joe'. Ce sont les années 1980 qui les érigeront en groupe culte, grâce, entre autres, à Paul Weller, qui reproduit la pochette de 'Biff Bang Pow' sur l'album All Mod Cons, et aux Television Personalities, grands fans devant l'éternel. Leur rend aussi hommage Brian Mc Gee avec son groupe Biff Bang Pow, puis son label, Creation Records, où ils enregistreront un single en 1994.