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samedi 22 octobre 2011

Trois ans...

... Et oui, trois ans que ce modeste blog tente de faire partager les diverses sonorités qui traversent ou ont traversé les basouilles de votre humble serviteur... Bien moins présent qu'au début, le Dr Faustroll, un peu fatigué des plaintes débiles du Digital Millenium Copyright Act, de la récente entreprise de suppression d'une grande partie des liens Rapidshare... D'autres préoccupations, aussi, et beaucoup moins de temps certainement, mais quand même toujours un petit peu là... Alors, pour fêter cet (approximatif) anniversaire, amis du rock ET de la poésie, quoi de plus approprié qu'un disque de rock ET un disque de poésie, servis, comme de juste, par un grand rockeur et un grand poète !


mardi 30 août 2011

Henri Michaux - La ralentie (par Germaine Montero)


Avec cette lecture de 'La Ralentie', poème d'Henri Michaux publié en 1937 et enregistré ici en 1957, on touche à ce que la poésie lue peut avoir d'extraordinaire. L'exercice, difficile, risqué même, en regard de la beauté du texte, est mené par la voix de Germaine Montero et les bruitages de Marcel Van Thienen, magnifique 'mise en son', vingt minutes durant, et c'est tout simplement sublime...

Ralentie, on tâte le pouls des choses ; on y ronfle ; on a tout le temps ; tranquillement, toute la vie. On gobe les sons, on les gobe tranquillement, toute la vie. (Henri Michaux)

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samedi 25 septembre 2010

Benjamin Péret - Benjamin l'impossible...

Les ennemis de la poésie ont eu de tout temps l’obsession de la soumettre à leurs fins immédiates, de l’écraser sous leur dieu ou, maintenant, de l’enchaîner au ban de la nouvelle divinité brune ou « rouge » - rouge-brun de sang séché – plus sanglante encore que l’ancienne. Pour eux, la vie et la culture se résument en utile et inutile, étant sous-entendu que l’utile prend la forme d’une pioche maniée à leur bénéfice. Pour eux, la poésie n’est que le luxe du riche, aristocrate ou banquier, et si elle veut se rendre 'utile' à la masse, elle doit se résigner au sort des arts 'appliqués', 'décoratifs', 'ménagers', etc. D’instinct, ils sentent cependant qu’elle est le point d’appui réclamé par Archimède, et craignent que, soulevé, le monde ne leur retombe sur la tête. De là, l’ambition de l’avilir, de lui retirer tout efficacité, toute valeur d’exaltation pour lui donner le rôle hypocritement consolant d’une sœur de charité.

Benjamin Péret (Le déshonneur des poètes - 1945)

Cet homme « qui croyait si peu en lui, qui attachait si peu d’importance
à son œuvre poétique – une des plus  originales et sauvages de notre
époque – jamais ne  cessa de faire confiance à la vie […]. Grâce à des
hommes comme Péret la nuit dans le siècle n’est pas  absolue »

Octavio Paz