C'mon, shake... C'était pas trop le truc à dire à Wade Curtiss, qui aura passé sa vie entière dans un fauteuil roulant. Les mains déformées, il se boutiquera pour pouvoir jouer une guitare ad-hoc, et avec son pote Dixie Dee et les Rythm Rockers, en remontrera à pas mal d'autres musiciens, de Buffalo à New-York, dès la fin des années 50. Cet agité du bocal musical mettra ensuite son sens aigu des affaires au service du Dr Master Curtiss, alter ego démoniaque perruqué Pompadour, manager féroce trimballant son fauteuil électrique et sa teigne jusqu'à sa mort, en 1993, à l'âge de cinquante ans...
A la manière de Georges Pérec, je me souviens achetant le numéro spécial de Salut les Copains sorti cet été 1977 pour la mort d'Elvis Presley... Je me souviens du poster estampillé 'grandeur nature', recto-verso, avec Elvis tout de cuir vêtu sur une des faces et en cow-boy sur l'autre, ou l'inverse... Je me souviens, curieusement, l'avoir trouvé petit... Était-ce moi, qui l'était pourtant beaucoup plus à l'époque, ou le poster..?
From the time I was a kid, I always knew something
was going to happen to me. Didn't know exactly what.
Elvis Presley
Seconde moisson de Teenage Dead Songs... Et toujours au menu: accidents de la route, drames ferroviaires, noyades, meurtres en tout genres, overdoses, suicides... Choisissez votre camp!
Les tubes de la faucheuse volume 1 , ou le premier volet de ce que l'on pourrait qualifier de 'petit précis de la Teenage Death Song' (aussi appelée Dead Teen Song), en deux volumes et quarante-huit chapitres... Si le genre est plus particulièrement vivace dans les années 50-60, le boulot d'un éclairé amateur, qui avoue sa fascination pour ce thème, nous montre que la Camarde n'a pas fini de traverser l'histoire du Rocanrol ...
Willie Lewis est, avant toutes choses, le fondateur du mythique label Rock-A-Billy Record Company, qu'un parallèle bien mérité taxerait de 'Sun Records moderne', et dont la particularité était de publier des vinyls en couleur à tirage limité (ce qui en fait aujourd'hui de sacrés collectors) d'obscurs et formidables artistes dont... lui ! Après une enfance à la Zola et une adolescence agitée digne de Graine de violence, l'amour que porte Willie Lewis à la musique, et au rock'n'roll en particulier, va prendre toute sa dimension avec son label... Ayant intégré les kilomètres de singles qui sont entrés dans ses oreilles et quelques exercices de guitare plus tard, se profilent les premières compos de Willie Lewis jouées avec des membres de sa famille sous le nom des Unknowns (!?) puis rapidement de Willie & The String Poppers, qui enregistreront, fin 79, dans la cuisine, le premier single du catalogue, qui sortira peu de temps après... La marque de fabrique de Rock-A-Billy Record Company? une obsession avouée pour le son originel du rock'n'roll, dépouillé de toutes les modernités du revival arrondi aux angles, bref, sans concession...
Ron Haydock ne hantera jamais le Rock'n'Roll Hall Of Fame... Il poussera même le vice, histoire de passer encore plus inaperçu, jusqu'à se faire enterrer le jour de la mort d'Elvis Presley... Underground dans toutes ses activités de musicien, écrivain de nouvelles trash et aussi porno sous divers pseudos, acteur, scénariste, rédacteur en chef de magazines d'horreur de série B, il terminera inconnu, fauché, dépressif, sous les roues d'une bagnole, et fin de l'histoire... Gageons qu'au moins, si paradis des loosers il y a, il s'y trouve assis à la droite du Père...
D'après la légende, le premier VRAI titre de rock'n'roll de l'histoire de l'humanité est attribué aux Kings of Rhythm, au sein desquels officiait Ike Turner. La paternité déclarée de ce 'Rocket 88', qui ne figure par ailleurs pas sur cette compilation, déclenchera nombre de rigolotes puristo-polémiques ou de très sérieux débats scientifiques autour de notre shakin' miousik préférée, débats que nous ne suivront bien entendu pas, tout occupés que nous serons à nous mettre ce disque entre les oreilles...
Drôle de parcours que celui de Jack Rhodes, beau-frère de Léon Payne, avec qui il montera plusieurs groupes, et qui, plus tard devenu patron du Trail 80 Motor Courts, motel, station service et restaurant, où sont régulièrement organisés des concerts, s'en va boutiquer un studio de fortune derrière les cuisines de son établissement, studio d'où vont sortir sous sa plume parmi les premières pages du rocanrol. Si aujourd'hui, principalement grace à Gene Vincent, certaines de ces pages sont aujourd'hui connues, d'autres, plus obscures, méritent largement qu'on leur fasse prendre un peu plus l'air...
Pour ceux qui ne l'avaient pas remarqué, tout absorbés qu'ils étaient à extraire la substantifique et musicale moelle du précédent volume, cette série ne s'intitule pas And The Answer Is par hasard, jetez donc un coup d'oeil sur les titres, dont quelques-uns offrent un ping-pong plus qu'amusant... Voici le second volet, un peu plus swing que le précédent...- Who put the bomp ?
- I put the bomp !
Un billet fut posté ici pour célébrer le funeste anniversaire du jour que l'on connait sous l'appellation du 'Day the Music Died', d'après la chanson de Don McLean... Bien évidemment, ou ça se saurait, la musique n'est pas morte ce jour-là, et même si elle a parfois de sérieux soucis à se faire quand on entend ce qui peut parfois susciter l'engouement général, elle s'en est toujours, pour peu qu'on veuille se donner la peine de creuser un peu, plutôt bien défendue... Alors, même si Peggy Sue est aujourd'hui peut être divorcée, et que Buddy Holly est on ne peut plus mort, ses chansons sont, quant à elles, définitivement et sacrément présentes, et, si paradis il y a, pour votre serviteur, ce sera à n'en pas douter un 'Fool's Paradise'...
I'm not trying to stump anybody... It's the
beauty of the language that I'm interested in
Buddy Holly
Ce billet est un remerciement à un éclairé lecteur de ce blog, Mattias-fausse-monnaie, en l'occurrence, grâce à qui je mets les basouilles dans cette voie lactée, à savoir l'univers de Arlie Miller et Arlie Neaville (aka Dean Carter)... Et de reprendre ses propos: "une compilation des groupes produits par les deux Arlie (qui vont des groupes des membres du groupe de Dean Carter, donc un peu dans le même genre rockabilly mutant en garage band, au groupe de rocanrol amish en passant par des garageux locaux, un folkeux garage). Et tout ça (les trucs Milky Way) en pur DIY (c-à-d enregistré dans le salon d'un des deux Arlie sur du matos récupéré à la station de radio du coin…) !" Une description on ne peut plus exacte dont je vous propose de vérifier la pertinence en écoutant derechef cette compilation... Petit bitrate (si quelqu'un peut mieux...) mais grand rocanrol! Mention spéciale 'sauvage' pour l'excellent Kookie Cook et son titre 'Revenge'... Reste plus qu'à mettre la main sur le volume 40 de la série The Bop That Never Stopped (Buffalo Bop) pour compléter mon inculture!
Le fameux avertissement Parental Advisory - Explicit Content apposé par les pudibonds gardiens de la candeur de nos chères têtes blondes a été utilisé à tellement de sauce que l'on y prête même plus attention... Sur ce disque, qui arbore le sticker infamant et dont les titres datent, pour la plupart, des années 50, c'est carrément Rated XXX qu'il aurait fallu mettre. For Adults Only est un petit catalogue de 25 titres swing, rock'n'roll, blues, r'n'b, doo-wop très osés, sacrément hilarants, et qui peut aussi se révéler un outil idéal pour tester les connaissances en anglais de vos parents, car les mômes, eux, ont sans doute déjà intégré une bonne partie du vocabulaire...
Voilà encore ici, avec ces 'Headcoatees du rocanrol levant', un bel aperçu du rock japonais. Les 5.6.7.8's, trio féminin drivé par les Fujiyama sisters (peut-être les rejetons de la Fujiyama Mama célébrée par Wanda Jackson) sont dévoilées aux oreilles occidentales par Quentin Tarantino, en 2004, dans le premier volet de Kill Bill, alors qu'elles pratiquaient leur trash'n'roll depuis 1986. Si vous cherchez un truc à faire swinger même des Amish, alors Teenage Mojo Workout est pour vous! A noter, la tubesque reprise du 'Harlem Shuffle' où on croirait presque reconnaitre des Undertones menés par la voix pourtant très particulière de Fergal Sharkey...
Sorti de nulle part à l'âge de 66 ans, Long John Hunter peut être considéré comme l'un des secrets les mieux gardés du rock texan... Parce que, lorsque le grand public découvre Long John Hunter, en 1997, cela fait déjà plus de quarante ans qu'il pratique ce mélange de rock'n'roll et de rythm'n' blues râpeux... Celui qui, impressionné par l'accueil fait à BB King par son public (surtout les femmes) s'empressera d'aller acheter une guitare et finira par jouer dans le même endroit un an plus tard aura passé treize années de sa vie à jouer sept soirs par semaine dans un bar interlope de Juarez, accompagné par d'anciens barmans mexicains. Il a côtoyé Gatemouth Brown, Albert Collins, Big Mama Thornton, Lightning Hopkins, Etta James, était admiré d'un jeune Buddy Holly, de Bobby Fuller, et même de James Brown, mais Long John Hunter n'a jamais réellement cherché à quitter ce Lobby Bar où il sentait finalement très bien... jusqu'à la sortie de Border Town Legend, en 1996. Ooh Wee Pretty Baby, quant à lui, compile les singles enregistré pour le label Yucca entre 1961 et 1963.
Mais bon sang où avais-je donc la tête... oublier de poster Twistin' and Bowlin', second album de King Uszniewicz et laisser les lecteurs de ce blog dans le même désarroi qu'un amateur de peinture contemplant une Tentation de Saint Antoine de Jérôme Bosch (joyeux barbouilleur du XVe) à laquelle manque le panneau central... Voilà donc, avec ce billet, complété le rocanrol tryptique de Sa Majesté Uszniewicz...