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samedi 11 février 2012

Prison Songs #2 - Don'tcha Hear Poor Mother Calling'


These songs belong to the musical tradition which Africans brought to the New World, but they are also as American as the Mississippi River. They were born out of the very rock and earth of this country, as black hands broke the soil, moved, reformed it, and rivers of stinging sweat poured upon the land under the blazing heat of Southern skies, and are mounted upon the passion that this struggle with nature brought forth. They tell us the story of the slave gang, the sharecropper system, the lawless work camp, the chain gang, the pen. (Alan Lomax)

mercredi 8 février 2012

Prison Songs #1 - Murderous Home


S'il y a du rythme dans ces 'prison songs', c'est bien parce que la rythmique, justement, est ici à nulle autre pareille, c'est la frappe des marteaux et des pioches sur les cailloux. Les enregistrements (de très grande qualité en regard de l'époque) présentés ici sont tous issus de la tristement célèbre Parchman Farm, un des deux centres de détention des Etats-Unis uniquement réservés aux nègres. Ces titres furent en leur temps rassemblés par l'immense Alan Lomax, ethnologue musical qui se fit toute sa vie passeur de la voix des pauvres...

dimanche 17 avril 2011

Wolf's At The Door

En ce samedi aprème du french D-Day - comprenez par-là une manifestation baptisée Journée des disquaires inspirée du Record Store Day des pays anglo-saxons, j'achète - avec d'autres - ce disque pour plusieurs raisons: sa pochette, son prix plus qu'attractif, un paquet de noms que je ne connais pas... Tout guilleret de ces emplettes, je rentre à la maison, j'ajuste ladite galette, j'y dépose délicatement la précieuse pointe, et - vlan ! - la claque d'un blues primitif oscillant entre gospel et rawk'n'blues qui me trouve les minimines claquantes et le peton trépidant... Mazette, me dis-je, voilà bien un disque qui aurait fière allure sur le blog du Dr Faustroll, n'était-ce le peu de temps qui me restait avant l'apéro pour ripper l'objet, qui n'existe qu'en disque noir, comme disent nos amis canadiens. Et bien, magie de la blogosphère, voilà la chose faite par l'entremise de nicholab à ghostcapital.blogspot.com que je remercie ici de m'avoir épargné tout ce travail...

mercredi 28 avril 2010

Bob Dylan - Highway 61 Revisited (& Acetates)

1965: Une pochette, une galette, et neuf titres qui donnent à Highway 61 Revisited toute l'apparence d'un disque... Ce disque sera pourtant loin d'être simplement la balade d'un gringalet... 1965: Something is happening here, and you don't known what it is, do you... Mr Dylan? 

vendredi 23 avril 2010

For Adults Only

Le fameux avertissement Parental Advisory - Explicit Content apposé par les pudibonds gardiens de la candeur de nos chères têtes blondes a été utilisé à tellement de sauce que l'on y prête même plus attention... Sur ce disque, qui arbore le sticker infamant et dont les titres datent, pour la plupart, des années 50, c'est carrément Rated XXX qu'il aurait fallu mettre. For Adults Only est un petit catalogue de 25 titres swing, rock'n'roll, blues, r'n'b, doo-wop très osés, sacrément hilarants, et qui peut aussi se révéler un outil idéal pour tester les connaissances en anglais de vos parents, car les mômes, eux, ont sans doute déjà intégré une bonne partie du vocabulaire...

samedi 13 mars 2010

Long John Hunter - Ooh Wee Pretty Baby

Sorti de nulle part à l'âge de 66 ans, Long John Hunter peut être considéré comme l'un des secrets les mieux gardés du rock texan... Parce que, lorsque le grand public découvre Long John Hunter, en 1997, cela fait déjà plus de quarante ans qu'il pratique ce mélange de rock'n'roll et de rythm'n' blues râpeux... Celui qui, impressionné par l'accueil fait à BB King par son public (surtout les femmes) s'empressera d'aller acheter une guitare et finira par jouer dans le même endroit un an plus tard aura passé treize années de sa vie à jouer sept soirs par semaine dans un bar interlope de Juarez, accompagné par d'anciens barmans mexicains. Il a côtoyé Gatemouth Brown, Albert Collins, Big Mama Thornton, Lightning Hopkins, Etta James, était admiré d'un jeune Buddy Holly, de Bobby Fuller, et même de James Brown, mais Long John Hunter n'a jamais réellement cherché à quitter ce Lobby Bar où il sentait finalement très bien... jusqu'à la sortie de Border Town Legend, en 1996. Ooh Wee Pretty Baby, quant à lui, compile les singles enregistré pour le label Yucca entre 1961 et 1963.
I am a Long John Hunter blues,
before and after, that's what I am

Long John Hunter

lundi 1 mars 2010

Odetta - My Eyes Have Seen


If only one could be sure that every fifty
years a voice and a soul like Odetta's would
come along, the centuries would pass so quickly
and painlessly we would hardly recognize time.

Maya Angelou

lundi 18 janvier 2010

Red - Felk

S'il fallait cataloguer l'artiste lillois Red (Olivier Lambin), on pourrait le ranger entre quelques 'ol bluesmen, un Alan Vega des débuts et l'ethnologue sonore fou Hugues Le Bars... Premier album du lascar, sorti en 1999, Felk est enregistré à la maison, et l'univers domestique de Olivier Lambin traverse la musique de Red avec un naturel et une cohésion qui confine à la pure poésie... C'est étonnant, inclassable, bourré d'émotion et d'une grande qualité musicale...

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samedi 12 décembre 2009

Screamin' Jay Hawkins - Portrait Of A Man


Les archéologues de l'onomatopée rocanrol, après moults travaux, ont réussi à (à peu près) décrypter le 'A wop bop a loo bop a lop bam boom' qui ouvre le 'Tutti Frutti' de Little Richard... D'aucuns disent que ce département de recherche ferma peu de temps après qu'un de leur scientifique débarqua avec ce magnifique sujet d'étude qu'est Jalacy Hawkins...
Aaahahhhh Oooohhhhhh
Mmmhh Blooo Booouuu
Wooaaaaa Aaaaarrghh

Screamin' Jay Hawkins

samedi 7 novembre 2009

Karen Dalton - It's So Hard To Tell...

It's So Hard To Tell Who's Gonna Love You The Best est un album qui aura, au moment de sa réédition, en 2006, déclenché une telle avalanche de critiques dithyrambiques que l'on aurait pu se demander ce qui arrivait à tout ce petit monde... Il est vrai que le disque est définitivement magnifique, mais il est vrai aussi qu'il avait déjà été réédité en 1997, puis en 1999, dans une indifférence quasi-générale, indifférence qui aurait certainement perduré sans Nick Cave, grand fan devant l'éternel, et une poignée de passionnés... Cette immense chanteuse, qui surmonta sa claustrophobie pour entrer en studio, enregistrera deux albums incroyables, celui-ci, en 1969 et In My Own Time, deux ans plus tard, pour aussitôt retourner à son anonymat. Karen Dalton est morte en 1993, ignorée de tous, sauf de ses amis et de ces inconnus que sa voix avait à tout jamais chavirés...

Her voice his so unique that to describe it would take a poet.
All I can say is that she sure can sing the shit out of the blues

Fred Neil

My favorite singer in the place was Karen Dalton. Karen had a
voice like Billie Holiday's and played the guitar like Jimmy Reed

Bob Dylan

jeudi 15 octobre 2009

Arthur 'Big Boy' Crudup - That's All Right (Mama)

'That's All Right (Mama)', 'My Baby Left Me, 'So Glad You're Mine'... Tout ça c'est finalement un peu de sa faute, à ce Arthur 'Big Boy' Crudup, si, au grand dam de leurs parents, un certain nombre d'adolescents se sont plus tard habillés comme des sacs à patates avec de la toile de Nîmes en adoptant de bien mauvaises manières, comme se passer des mains pleines de graisse de moto pour se fabriquer ce que l'on appelait certainement pas à l'époque une coiffure...

Down in Tupelo, Mississippi, I used to hear old Arthur Crudup bang his box the way I do now and I said if I ever got to a place I could feel all old Arthur felt, I`d be a music man like nobody ever saw. (Elvis Presley)

mercredi 15 avril 2009

Leadbelly - The Definitive Leadbelly

Huddie 'ventre de plomb' Ledbetter, ainsi surnommé pour sa carrure et son endurance au labeur dans les champs de coton, naît en juillet 1888 et grandit en Louisiane, puis au Texas, où sa famille déménage. De son père, il apprend l'accordéon, de son oncle, la guitare, et de sa mère les gospels. Il commence très jeune à se balader à droite et à gauche, intégrant de ses rencontres toutes les figures musicales qu'il entend, délaissant rapidement l'accordéon pour la guitare huit-cordes puis douze-cordes. Il se marie à l'âge de 16 ans, ce qui ne l'empêche nullement de mener une vie particulièrement agitée dans les cabarets, où alcool, prostituées, rixes, forment alors, avec la musique, son seul univers. Il est incarcéré pour la première fois en 1916, pour agression. Il s'évade du pénitencier et se cache deux années durant sous une fausse identité, mais sa propension à jouer du couteau le reconduit au pénitencier pour trente ans. Sa réputation de musicien parvient aux oreilles de Pat Neff, gouverneur du Texas et grand amateur de musique, qui commence alors à se rendre régulièrement au pénitencier afin de l'écouter. Fait incroyable, ce gouverneur, réputé pour son intransigeance et sa fermeté, accordera son pardon à Ledbeally sur la foi d'une chanson, et il sera libéré au bout de sept ans de détention. Mais celui pour qui un couteau servait d'abord à couper le pain, puis la barbe, puis la gorge, retrouvera rapidement le chemin de la prison, cette fois au tristement célèbre pénitencier d'Angola. Aussi incroyable que cela paraisse, son talent va, là encore, l'en sortir. John Lomax, ethnomusicologue, responsable de l'American Folk Song of Library of Congress Recordings va remuer ciel et terre pour faire libérer ce musicien exceptionnel, l'embaucher comme chauffeur et homme à tout faire, et surtout le faire jouer devant un auditoire blanc dans les cabarets chics de New York. En peu de temps, pour paraphraser un titre du magazine Life, le méchant Nègre devient un gentil musicien, mais c'est le public folk de Greenwich Village, où sa musique et ses histoires sont accueillies avec un exceptionnel enthousiasme, qui va faire de Leadbelly une légende vivante qui, à l'instar de Skip James et quelques autres va donner naissance au white-blues revival des années 1960 et influencer à tout jamais le rock. Huddie Ledbetter meurt le 6 décembre 1949, laissant derrière lui un héritage musical inestimable immortalisé par les enregistrements réalisés par l'American Folk Song of Library of Congress Recordings.

Look a here people, Listen to me
Don't try to find no home down
in Washington D.C.
Lord it's a bourgeois town,
ooh, its a bourgeois town.
I got the Bourgeois Blues
I'm gonna spread the news all around.
Bourgeois Blues

dimanche 1 février 2009

Drug Songs 1917-1944

Qu'on se le dise, le Velvet Underground n'a rien inventé avec son titre 'Heroin', on se défonçait bien avant, et on ne se privait pas de le dire dans les chansons. Aucun doute à avoir avec des titres comme 'Who Put The Benzedrine In' de Harry Gibson ou 'Fixin' To Die' de Bukka White, mais quelle subtilité se cache derrière 'Minnie The Moocher's Wedding Day' ?

vendredi 30 janvier 2009

Skip James - The Complete Early Recordings

Comme Blind Willie Johnson, Skip James tire la force de son blues d'une inspiration religieuse, sans pour autant renier le contexte social - et racial - qui hante l'Amérique d'alors. Après avoir chanté aux abords des églises et dans les bars du Mississippi, Il part, au début des années 1930, tenter sa chance à Jackson, capitale de l'état. Il enregistre plus de trente titres, parmi lesquel 'Devil Got My Woman', 'Cypress Grove Blues', 'Hard Time Killin' Floor Blues', pour lesquels il empochera quarante misérables dollars, et abandonnera ses projets pour devenir chef de chœur dans une église baptise. Dans les années soixante, des "défricheurs" l'extirperont de l'hôpital où ils l'ont déniché pour le propulser à la tête du Blues Revival, alors très en vogue aux États-Unis comme en Angleterre. Malgré cela, Skip James gardera toujours ses distances avec cette white-blues-beat-generation et continuera, jusqu'à sa mort, de chanter le blues qui l'habitait lorsqu'il parcourait les routes du Mississippi.

lundi 26 janvier 2009

Wild Billy Childish - Crime Against Music

Tout le monde connait Billy Childish, enfin... à considérer la production du gazier, on se demande parfois s'ils ne sont pas plusieurs dans cette petite carcasse... Ce Crime Against Music (Blues Recordings 1986-99) compile ses enregistrements blues, à savoir les deux albums I've Got Every Things Indeed (1987) et I Remember (1988), plus des titres glanés ici ou là et quelques inédits où le Wild Billy Childish joue à la fois la carte de l'exercice de style en réarrangeant ses propres compositions, celle de l'hommage en reprenant McDaniel, Reed, Son House, Leadbelly, Dylan, John Lee Hooker... et peut-être celle de l'humour en imaginant les puristes sauter au plafond de le voir se créditer 'Mister Elisabeth'! (alors que, comme chacun sait, le compositeur de cette musique est le très connu appalachien Unknown), mais... si les cowboys sont carrés; les indiens sont-ils pour autant ronds ?

mercredi 21 janvier 2009

Blind Willie Johnson - The Complete BWJ

Dans la grande famille du blues, les 'blind' sont légion. Ce qui distingue Blind Willie Johnson, outre le fait qu'il ait composé une trentaine de chansons magnifiques entre 1927 et 1930, c'est qu'à l'heure où vous lisez ces lignes, il se balade quelque part aux confins du système solaire, avec son titre 'Dark Was The Night, Cold Was The Ground'. On sait peu de choses sur Blind Willie Johnson, on situe sa naissance entre 1897 et 1900, certains disent qu'il est mort dans l'incendie de sa maison, d'autres affirment que c'est une pneumonie contractée en vivant dans les ruines de celle-ci qui lui a été fatale, sans qu'aucune date précise ne soit, là non plus, avancée, puisque l'événement se situerait entre 1945 et 1949. Manifestant très tôt une vocation de prédicateur, Blind Willie Johnson gagne sa vie aux carrefours des routes du Texas en chantant de sa voix rauque un blues religieux, mais sans la moindre mièvrerie, car ancré dans la grande dépression qui frappe alors les États-Unis. Il s'installe près de Dallas en 1927, et dès cette année, démarre l'enregistrement de cinq sessions pour Columbia, seul ou en duo avec sa femme. Les dernières sessions sont enregistrées au tournant des années 1930, à La Nouvelle-Orléans et à Atlanta. Blind Willie Johnson s'éloigne ensuite définitivement des studios sans cesser de se produire en public, jusqu'à la fin de sa vie, principalement dans des églises baptistes.

samedi 25 octobre 2008

Scott H. Biram - Graveyard Shift

Natif d'Austin, Texas, auto-proclamé 'Dirty Old One Man Band' Biram fait tout tout seul, de la façon la plus explosive et la plus trash qui soit et mélange aussi bien le Blues que la Country, le Hillbillie, le Punk et le Metal. Personnage hors du commun qui, victime d'un très grave accident de la circulation en 2003, et malgré deux jambes et un bras cassés, une éventration de l'intestin et des traumatismes profonds, remontera sur scène après un petit mois de convalescence. Depuis cet épisode, Biram considère que la mort n'est pas faite pour lui et qu'il combattra l'Enfer en musique et à grands coups de Motherfucker. Et ce n'est pas parce que Jesus Loves Scott H. Biram qu'on peut laisser ses disques tomber dans les oreilles des jeunes séminaristes...

Graveyard Shift (2006)